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vin blanc
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Cette longue page vous propose quinze
années d'expériences de vinification dans les "froides et humides" régions du
Nord. J'ai appris les finesses de l'art de faire le vin de Charles Henry, président
des "Cordeliers de Saint Vincent", mon maître en vinification malheureusement
disparu au début des années nonante. Si les pages web que vous lisez existent, c'est à son charisme qu'il faut les attribuer; c'est parce qu'un beau jour de 1982 j'ai goûté chez lui, dans la région liégeoise, des vins d'une telle qualité que j'ai été convaincu que la Belgique pouvait aussi être un pays de vignerons... Le contenu des pages provient à 70% du "Traité de vinification". C'est un complément à celui-ci. LA VINIFICATION EN BLANC DES RAISINS.© Copyright: Marc De Brouwer / cepvdqa Table des matièresCliquez sur les titres pour atteindre le point souligné 1. QUEL TYPE DE VIN BLANC PRODUIRE ? Avec les mêmes raisins blancs il est possible de produire des vins très différents les uns des autres.A mon avis ce sont les vins primeurs qui valorisent le mieux les cépages des régions septentrionales. C'est certainement la technique de vinification qui permet de réussir (presqu'à coup sur) son vin et surtout, qui valorise au mieux les cépages les plus maigres. Mon conseil au vigneron débutant est le
suivant : VINS BLANCS PRIMEURS Quels que soient les raisins blancs de nos
vignobles, il est possible de réaliser des vins blancs secs pouvant être mis en
bouteilles au début de l'hiver qui suit leur vinification. Il ne s'agit pourtant pas de
vins réalisés par macération carbonique qui n'est guère utilisée en vins blancs. Les vins blancs primeurs sont vinifiés d'une façon moderne qui correspond au goûts actuels en vins blancs dans lesquels le consommateur recherche fruité et fraîcheur. Elle a permis d'améliorer sensiblement la qualité des vins blancs et rosés méridionaux, souvent sous l'impulsion d'oenologues australiens, surnommés dans la profession de "vinificateurs volants" parce que souvent ne travaillant que quelques années dans une cave avant d'être appelés par un autre vigneron qui souhaite mieux valoriser son raisin. Les points techniques essentiels qui déterminent un tel résultat sont : - Une macération courte suivie d'un
débourbage, VINS BLANCS SUR LIES Après le premier soutirage, on peut aussi
attendre quelques mois de plus, procéder à un élevage sur fines lies, avec baguettage
éventuel, et ne mettre le vin en bouteilles qu'au cours du printemps. Le gaz carbonique
aura disparu, les arômes fruités et fleuris seront légèrement moindres mais les épices
plus fines, plus racées, le vin s'enrichit, devient plus complexe. Ce vin pourra être
conservé jusque 5 ans sans perdre ses qualités. VINS BLANCS DE GARDE Les vins blancs de garde sont le résultat
d'une vinification plus traditionnelle des raisins blancs. Elle consiste à fermenter un
moût un plus acide, à température plus élevée (18 à 20°C), et de sulfiter le vin
plus légèrement de sorte qu'une fermentation malolactique succède à la fermentation
alcoolique et fait baisser l'acidité. COMPARAISON DES TROIS VINS BLANCS Avec le cépage à la mode qu'est le Chardonnay on réalise des vins très différents les uns des autres. Pour s'en rendre compte et pouvoir presque les yeux fermés en décrire le mode de vinification, je vous invite à découvrir et fréquenter les "wine bar". Il en existe à Bruxelles et ils vous proposent, pour le prix d'une demi bouteille de vin au restaurant, la possibilité de faire une dégustation de 8 ou 10 Chardonnay différents : Californie, Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du sud, Bourgogne, sud de la France, etc. Vous découvrirez les divers modes d'expression du même cépage en différents climats, terroirs et mode de vinification. C'est une expérience très enrichissante pour l'amateur de vin et pour nous vignerons qui devons choisir comment réaliser au mieux le notre.
2. QUELQUES CEPAGES ADAPTES AUX REGIONS SEPTENTRIONALES. De façon générale, on ne peut cultiver sous les latitudes belges ou dans le nord de la France que des variétés dites "précoces" ou de "première époque hâtive" pour employer la terminologie ampélographique (l'ampélographie est la science qui étudie les différents espèces de vignes, les cépages). Cependant dans les meilleures expositions et en certains micro-climats il est possible de maturer des cépages de première époque et même parfois de première époque tardive. Je n'évoque pas ces cépages "limites" dans la liste ci-dessous.
QUELQUES CEPAGES ADAPTES AUX REGIONS SEPTENTRIONALES. Pour plus de détails et images sur ces cépages : http://www.vignes.be/varvign.htm
3. DETERMINATION DE LA DATE DE VENDANGE - MATURITE DES RAISINS. 3.1 DETERMINATION A L'AIDE DE NOS 5 SENS Lorsque le raisin mûrit, l'aspect visuel
de la grappe, des baies, des pépins évolue : Au niveau du goût, le raisin est de plus en plus sucré et de moins en moins acide. Ces observations empiriques fournissent des indications sur l'état de maturité des raisins. Mais elles manquent de précision. 3.2. CONTROLES DE MATURITE - INDICE DE MATURITE. Le raisin est mûr lorsque, après une progression constante, l'acidité totale de son jus ne diminue plus et sa richesse en sucre n'augmente plus. L'évolution des acides et des sucres du raisin permet de calculer l'indice de maturité : S/A où S = Sucres en degrés oeschlés et A = Acidité totale (en g/l d'acide tartrique) La valeur optimale de cet indice varie selon les cépages, les régions, les conditions climatiques de l'année. Pour un cépage déterminé il donne une bonne idée de la qualité du raisin et du vin qui en résultera lorsqu'on note cet indice chaque année. Il permet de comparer les années entre elles. Le contrôle de la maturité pour fixer le moment de vendanger se fait à l'aide d'un réfractomètre de poche. Lorsque la richesse en sucre est stationnaire, les grappes sont cueillies, la vendange peut débuter. Une journée de pluie peut faire baisser temporairement les données en sucre. Pour produire un vin blanc que le souhaite très aromatique, on ne recherche pas le maximum de richesse en sucres. Car lors de la maturation de la baie les derniers grammes de sucre sont obtenus au détriment des arômes. Pour un vin blanc fruité le raisin doit être vendangé avant complète maturité même si cela oblige à une désacidification chimique du moût plus importante. Il faut choisir : fruité ou teneur en sucre élevée et faible acidité. Si l'on cherche de hautes teneur en sucre en retardant la vendange, on perd en arômes. Il ne faut pas pour autant faire du vin avec du verjus en vendangeant trop tôt, mais avec l'expérience de ses vignes et de son vignoble approcher au mieux la date optimale pour vendanger. 3.3 FIXATION DE LA DATE DE LA VENDANGE La richesse en sucre du raisin n'est pas le seul élément déterminant la date de la vendange. D'autres facteurs importent.* La qualité recherchée. La composition idéale du raisin est fonction du vin que l'on veut produire. Il faut cueillir : - avant maturité complète, au maximum
des arômes fruités pour les vins blancs de cépages peu acides; * L'état sanitaire de la vendange. Si des raisins sont atteints de pourriture la vendange doit être avancée avant que les dégâts ne s'étendent. Quelques insectes, particulièrement les guêpes blessent les grains et les déprécient; la pourriture se développe dans la baie, les bactéries nuisibles prolifèrent et la vendange précoce doit s'envisager. Retour haut de page 4. PREPARATIFS AVANT LA VENDANGE.4.1. Produits utiles. * Levures sélectionnées Choisir des levures sélectionnées
adaptées au vin blanc : * Enzymes pectolytiques Indispensables pour les vins blancs qui ne se laissent pas facilement presser. Ils sont d'autant plus utiles que le raisin est très mûr ou surmaturé. * Sulfite (SO2) (E220) Soit sous forme de métabisulfite de potassium ou solution à 5 % de SO2. Utilisé pour le vin et le nettoyage du matériel vinaire. Pour la désinfection du matériel : Comme additif au vin, préparer une
solution de SO2 à 5 % en dissolvant 100 g de métabisulfite de potassium dans de l'eau
ajustée à 1 litre. Le produit va donner la moitié de son poids (50 g) en SO2. La
dissolution est lente dans l'eau et il faut préparer le produit quelques jours à
l'avance. * Carbonate de calcium Utilisé pour désacidifier les moûts trop acides. * Bentonite, tanin, sucre blanc cristallisé pour la chaptalisation. * Acides tartriques et maliques pour acidifier les moûts trop peu acides qu'on voudrait vinifier seuls. * Produit de nettoyage du matériel: "Chempro"... * Jus de raisin ou pomme pasteurisé 4.2. Matériel nécessaire. * Outils d'analyse * Matériel vinaire DE LA VENDANGE AU PRESSURAGE. Conservation des raisins. Si pour une quelconque (mauvaise) raison
la vendange a lieu plusieurs jours avant la mise en oeuvre du vin, les grappes sont
conservées en couches simples dans des cageots ajourés, sur claies au fruitier, sur un
lit de paille, etc. Dans les autres cas les raisins seront soit pressés directement, soit foulés et pressés, soit foulés et cuvés 24 heures pour réaliser une "macération pelliculaire". 5. FOULAGE - ERAFLAGE.5.1. FOULAGE. Le foulage consiste à faire éclater les baies de raisin tout en évitant d'écraser les rafles ou les pépins. Intérêt du foulage : 5.2. ERAFLAGE OU EGRAPPAGE. Cette opération a pour but de séparer
les grains de raisin du reste de la grappe, la rafle. 5.3. MATERIEL D'ERAFLAGE ET DE FOULAGE. * Fouloir érafloir Les grappes passent entre deux cylindres
tournant en sens inverse dont l'écartement est réglé de sorte que les grains soient
déchirés, écrasés sans que les pépins et les rafles ne le soient. Les grappes
foulées tombent sur une grille perforée de sorte que seuls jus, pépins et peaux passent
au travers. Un mécanisme entraîne les rafles qui sont expulsées d'un autre côté. * Foulage artisanal. Il est ancestral. Les raisins sont placés dans un bassin en plastique ou métal non ferreux. Le foulage se pratique tout simplement avec les pieds bottés ou non. * Foulage - égouttage manuel. L'égouttage est l'opération qui consiste
à recueillir le jus pendant ou aussitôt après le foulage. * Egrappage manuel On fixe sur un récipient destiné à
recueillir les grains un cageot en plastique ajouré, à larges ouvertures en forme de
losange. 6.1. SUPRA-EXTRACTION. La surgélation conduite lentement forme,
vers - 7° à - 8° C, des cristaux qui feront éclater les cellules des tissus et
libéreront le jus au dégel. On donne à ce phénomène le nom de supra-extraction. Les
vins issus des raisins ayant subi ce traitement présentent un moelleux et une intensité
aromatique plus élevés. Ils ont aussi une couleur jaune plus soutenue et sont plus longs
en bouche. 6.2. MACERATION PELLICULAIRE. La macération pelliculaire consiste à laisser cuver les raisins 18 à 24 heures dans le cas de vins blancs de raisins blancs pour en extraire le maximum de parfums.Sulfitage : 50 mg/l dans le cas d'une
vendange très saine à 120 mg/l si la vendange est abîmée, soit : 1,2 à 2,4 g de
métabisulfite de potassium par 10 l ou 1,2 à 2,4 ml de solution de SO2
à 5 % par litre. Le jus obtenu à l'égouttage et au pressurage est trouble voire très trouble. Le débourbage est obligatoire. AU SUJET DU SULFITAGE ET DE SON UTILITE Les vinificateurs débutants s'interrogent
souvent sur la nécessité d'ajouter des additifs pas toujours recommandables pour la
santé à leur vin. C'est particulièrement le cas pour le sulfite. 7. PREPARATION DU PIED DE CUVE. Le pied de cuve apporte au vin des millions de levures sélectionnées pour leur aptitude à réaliser une fermentation rapide, saine, sans produits secondaires indésirables. Hors des régions viticoles il est dangereux de se fier à la flore levurienne locale, on utilisera avantageusement les levures sélectionnées. Le choix de la levure dépend du vin que l'on désire réaliser et de la température de fermentation. Pour le vin blanc fruité je suis un adepte de la levure "Steinberg" qui convient bien à ce type de vin. Les levures modernes peuvent être
ajoutées (presque) directement au moût. Avec une levure traditionnelle pour vin
blanc, telle la Steinberg qui a ma préférence et que j'utilise systématiquement en
regard des bons résultats qu'elle me donne, un pied de cuve est préparé 24 heures avant
le moment du levurage (à la macération, après le pressurage, ou après le débourbage).
Le volume du pied de cuve doit être de 0,5 l pour 10 l de vin et de 0,8 l pour 20 à
50 l. 8. RECOLTE DU JUS - PRESSURAGE. 8.1. PRESSAGE MANUEL. Prendre une étamine que l'on a au préalable fait bouillir et ensuite laissé tremper dans une solution sulfitée (10 g de métabisulfite par 10 litres d'eau). Placer l'étamine sur un seau en plastique alimentaire et la maintenir avec 6 pinces à linge. Verser doucement le broyat sur l'étamine. Lorsque celle-ci est pleine, enlever les pinces à linge, replier l'étamine par les quatre coins et tordre. Le jus va s'écouler facilement. Recommencer l'opération jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une boule sèche de peaux et grains. 8.2. A L'ESSOREUSE-CENTRIFUGEUSE. Une essoreuse au tambour en inox fait
office de centrifugeuse. 8.3. AVEC LA PRESSE. Le matériel étant désinfecté avec une
solution de sulfite (10 g pour 10 litres d'eau) et rincé. Eventuellement placer une
étamine (désinfectée comme ci-dessus) dans la presse pour filtrer sommairement le jus. Lorsque le moût n'a pas été sulfité lors d'une macération pelliculaire avant le pressurage, on désinfectera celui-ci après le pressurage à raison de 1 g de métabisulfite ou 10 ml de solution de SO2 à 5 % pour 10 litres de moût. L'acidité idéale d'un vin blanc frais et
fruité est d'environ 7 g/l (exprimé en acide tartrique). Il s'agit de l'acidité du
vin fini. 10.1. MESURE DE L'ACIDITE TOTALE. Les moûts et les vins renferment
différents acides. C'est la somme de ceux-ci que nous allons mesurer. On effectue la conversion par les calculs suivant : acide sulfurique = acide tartrique : 1,53 (On divise par 3 et multiplie par 2) acide tartrique = acide sulfurique x 1,53 (On divise par 2 et multiplie par 3) Chaque fois que nous parlerons de mesure d'acidité, celle-ci sera exprimée en acide tartrique. 10.2. DETERMINATION DE L'ACIDITE TOTALE PAR LA METHODE COURANTE. Appareillage nécessaire à la mesure de
l'acidité totale d'un moût ou d'un jus. (Il s'agit d'un appareillage simple vendu en
kit) : A cela il faut ajouter une pipette graduée de 0 à 10 ml (fin tube gradué) pour prélever le liquide. Après l'obtention d'un jus filtré ou non, on remplit l'acidomètre à l'aide de la pipette graduée jusqu'à la graduation O. Attention de bien lire le niveau du
liquide, à sa surface, car il "colle" aux parois de l'éprouvette. Avoir toujours un liquide pur, filtré, pour permettre une lecture aisée et parfaite. Eviter de prendre des jus chargés de matières lourdes. EXEMPLE. 10.3. ACIDITE TROP ELEVEE. Soit par exemple 40 l de jus obtenu au
pressurage d'une 60 kg de raisins. L'acidomètre nous donne à la lecture une acidité de
10 g/l. UTILISATION DU CaCO3 (carbonate de calcium). Il faut savoir que 1 g de CaCO3 ajouté par litre de moût diminuent l'acidité totale de 1,5 g par litre. Calcul pour notre exemple : On calcule : 1 g de
CaC03 x 2,5 g de diminution = 1,65 g de CaCO3 à ajouter par litre de moût. Soit pour nos 40 litres : 40 X 1,65 g = 66 g Afin de conserver l'éventail des acides
présents il est conseillé de ne faire réagir le carbonate de calcium que sur une partie
du vin que l'on désacidifie TOTALEMENT. Nous utilisons la formule suivante:
volume de moût x acidité à diminuer Dans notre exemple, nous voulons faire
passer l'acidité du moût de 10 g à 7,5 g par litre, l'abaisser de 2,5 g par litre. 10.4. ACIDITE TROP BASSE. C'est le cas lorsqu'on veut réaliser un
vin monocépage avec le Sieger. Augmentation "chimique". Nous utiliserons de préférence les
acides que le raisin contient naturellement : tartrique et malique dans les proportions
2/3 d'acide tartrique et 1/3 d'acide malique. Augmentation "naturelle". Le débourbage est l'action de laisser un
jus au repos pendant 12 à 24 heures. MISE EN OEUVRE DU DEBOURBAGE. Le jus recueilli à la sortie du pressoir
est sulfité à raison de 0,5 g de métabisulfite ou 5 ml de solution de SO2 à 5 % par 10
l. Il est placé dans un récipient plus haut que large. TRAITEMENT DU MOUT. Pour obtenir un vin très fruité en éliminant les oxydases (enzymes qui oxydent certains composés aromatiques et font brunir les moûts) on traite le moût au lait écrémé (dose : 15 ml / 10 l) ou avec de la caséine, la substance active du lait écrémé pour les vins (dose : 1 g / 10 l). Cette opération a lieu après avoir
utilisé le carbonate de calcium et permet d'éliminer les particules de craie qui
seraient restées en suspension : avec l'acidité du jus le lait caille. Il faut agiter
légèrement le moût pour que l'activité du lait couvre toute la surface du récipient.
Ainsi le caillé tombe au fond et agit comme un filtre, mais du haut vers le bas. Après le débourbage du moût, remplir une éprouvette de 250 ml ou 500 ml aux fins d'analyse. Procéder à la mesure de la densité, de la température et de la teneur en acidité totale (pour vérification). Ne pas oublier de noter car la densité mesurée avant fermentation permet le calcul du sucre qui sera ajouté pour chaptaliser le vin, relever son degré d'alcool. Reprenons l'exemple du moût désacidifié
ci-dessous. 13. CORRECTIONS DE LA DENSITE. Pour pouvoir illustrer les étapes suivantes, nous utiliserons le jus analysé ci-dessus au point 9 dans le but de réaliser un vin de cave à 12 % Vol ou plus communément 12° d'alcool. QUANTITE DE SUCRE À AJOUTER. L'analyse nous donne une densité de 1068.
La table de densité pour les raisins vinifiés en blanc (première colonne de la table de
Dujardin-Salleron) nous indique 151 g de sucre par litre de jus, soit 8,9° d'alcool
potentiel. Dans notre exemple : La chaptalisation ou ajout de sucre au vin
sera fera après 2 jours de fermentation, de même que d'autres opérations qui ont lieu
à ce moment là. 14. RESUME DES ETAPES - TABLEAU DE SYNTHESE.
Deux écoles s'affrontent quant à la façon de remplir les touries. Les anciens laissaient déborder, les
nouveaux évitent le débordement. Veut-on un vin fruité, débordons ! Veut-on un vin vineux, ne débordons pas ! Dans le cas d'un vin blanc je préconise le débordement. 15.1. CHOIX DE LA TOURIE OU DAME-JEANNE. La tourie ou dame-jeanne devra avoir un
volume correspondant précisément au volume de vin calculé. Si le volume de vin calculé
et mis en oeuvre ne correspond pas exactement au volume des touries dont on dispose, on
fera fermenter le plus grand volume possible avec débordement et vinifiera le surplus,
sans débordement dans une petite tourie de quelques litres. 15.2. CONDUITE DE LA FERMENTATION ALCOOLIQUE. Placer la dame-jeanne en cave fraîche (12
à 15°C) pour que la fermentation dégage le maximum d'arômes de fleurs et de fruits. 15.3 APRES 48 H DE FERMENTATION AERATION OU BULLAGE DU VIN Pour que les levures conduisent rapidement
la fermentation, épuisent sans traîner tous les sucres qui sont à leur disposition, il
faut qu'elles soient nombreuses, que les levures du pied de cuve puissent se multiplier
dans le moût. Pour cela il leur faut de l'oxygène. C'est la raison de l'aération du
moût. CHAPTALISATION - AJOUT DE SUCRE Sur une tourie de 54 l, soutirer au moins
10 l de vin en fermentation. UTILISATION DE LA BENTONITE. Le traitement à la bentonite d'un moût a
pour but de provoquer une élimination des protéines naturelles du moût et d'empêcher
par la suite tout risque de casse protéique. Préparation de la bentonite : 16. FIN DE FERMENTATION ALCOOLIQUE Tant que l'activité des levures est élevée, une fine mousse recouvre la surface du vin. Elle est formée de petites bulles de gaz carbonique. Lorsque cette activité décroît, la mousse se rassemble d'abord au milieu du liquide et forme un disque plein. Peu à peu ce disque se vide au centre et il ne reste plus qu'un cercle de mousse de plus en plus étroit qui finalement disparaît. La fermentation alcoolique s'arrête, le vin se clarifie, les levures meurent et tombent dans le fond du récipient où elles s'ajoutent aux lies. La fin de la fermentation doit toujours être confirmée par une mesure de la densité du vin. - Le vin sec doit avoir une densité
inférieure à 1000, idéalement comprise entre 992 et 994. On ne peut prévoir à l'avance la durée d'une fermentation. Celle des vins rouges est généralement plus rapide que celle des vins blancs. Il arrive de voir fermenter un vin en quelques jours, moins de 10 jours parfois. D'autres fois la fermentation dure de 2 à 4 mois. Pour un vin blanc la fermentation est de deux à six semaines en moyenne. Lorsque la fermentation est arrivée à son terme il ne faut pas tarder à pratiquer le premier soutirage. Certaines levures, ne trouvant plus de sucre dans le moût, au lieu de mourir comme la majorité, cherchent désespérément à survivre et s'attaquent aux lies dans le but d'y trouver quelque nourriture. Lorsque cela arrive, le résultat peut être douloureux et désastreux pour le vinificateur : une odeur d'oeufs pourris, un goût de mercaptan (trop bien connu des oenologues) infectent le vin. 17. PREMIER SOUTIRAGE - PRISE DE FROID. L'utilité du soutirage est d'aérer le
vin, de le séparer de ses lies composées de levures mortes et d'autres matières qui se
sont déposées. POUR SOUTIRER, CHOISIR DE PREFERENCE UN
JOUR DE HAUTE PRESSION : Le vin soutiré sera réfrigéré. C'est un traitement qu'on applique aux vins blancs jeunes, l'hiver qui suit leur vinification et qui convient aux vins secs comme aux vins doux. Cette opération permet de "finir" plus vite le vin et de le mettre plus tôt en bouteilles. AVANTAGES DE LA REFRIGERATION. - Précipitation de matière colorante : PRATIQUE DE LA REFRIGERATION. Le vin à réfrigérer doit remplir
certaines conditions : Durée et température de la réfrigération. La température de congélation d'un vin
dépend avant tout de son degré d'alcool. Un vin de 10° d'alcool commence à former des
cristaux de glace vers - 5° C, un vin de 12° vers - 6° C, un vin de 14° vers
- 7° C. Dispositifs de réfrigération. Le vin peut être porté à l'extérieur
de la cave lorsque la température est négative. Ce qui ne permet de contrôler ni la
température ni la durée du traitement du vin par le froid. Opération menée pendant la réfrigération. - Collage du vin si la clarification
spontanée est insuffisante le 16ème jour de réfrigération, c'est-à-dire 12 jours
avant le soutirage au froid. Opérations menées après la réfrigération. - soutirage au froid 19. SOUTIRAGE AVANT LA MISE EN BOUTEILLES. Trois ou quatre semaines après le début
de la prise de froid, lorsque le vin est bien limpide, on le soutire pour le mettre en
bouteilles. Pour le mettre en bouteilles, le vin doit être sec, contenir moins de 5g de sucres résiduels par litre. 19.1 DOSAGE DES SUCRES RESIDUELS AVEC LE "CLINITEST". Depuis quelques années le
"clinitest" est utilisé en vinification pour savoir si des vins secs ont
complètement fini leur fermentation. La méthode densimétrique n'est pas suffisante dans
ce cas car elle est influencée par le pourcentage, variable, d'alcool et de matières
sèches du vin. Mode opératoire : Les bouteilles auront été soigneusement lavées à l'avance avec un produit tel que le chempro et ensuite bien rincées pour éliminer tout germe qui pourrait contaminer le vin. Des accidents sont malheureusement courants lorsqu'on utilise des bouteilles mal lavées. Quelques heures avant de les utiliser, les bouchons sont mis à tremper dans de l'eau tiède sulfitée (1 g de métabisulfite par litre d'eau) . Ainsi ils s'assoupliront et permettront un bouchonnage aisé. NE JAMAIS FAIRE BOUILLIR LES BOUCHONS ! Un bouchon bouilli est très souple, le
bouchonnage est grandement facilité mais l'étanchéité n'est pas garantie ! 21. VIN BLANC SUR LIES Si on préfère le vin sans petites bulles de gaz, on procédera, après le premier soutirage, à un élevage de quelques mois en cave fraîche pour que le gaz carbonique s'élimine naturellement. Le vin sera soutiré une ou deux fois. Après le premier soutirage, le vin encore faiblement trouble dépose. Dans les fines lies on retrouve des levures mortes qui subissent le processus d'autolyse : la paroi des cellules des levures mortes se dégrade sous l'action des enzymes contenus dans leurs tissus. Les constituants des cellules sont libérés dans le vin. Parmi ceux-ci des acides aminés, des mannoprotéines et des peptides qui jouent un rôle protecteur et conservateur vis-à-vis du vin. Entre le vin et ses fines lies s'établissent donc des échanges physico-chimiques qui enrichissent le milieu en composés aromatiques qui complexifient le vin et lui donnent du gras. Cet effet protecteur, conservateur et améliorateur est bien connu des producteurs de champagnes et de crémants. Ils expliquent pourquoi le champagne, lors de la prise de mousse doit être maintenu pendant deux années sur lattes avant d'être dégorgé. Le champagne conserve longtemps et s'améliore encore les premières années tant que le dépôt de levure est présent. En conséquence dès le dégorgeage effectué le champagne perd cette protection et sa saveur décroît. Conserver un champagne dégorgé n'a pas de sens. Il ne bonifiera pas, que du contraire. Pour amplifier ce phénomène, dans certaines régions viticoles (entre autre en bordure de Loire comme en Sancerre), il est coutumier mélanger les fines lies des fonds des cuves avec le vin de vins pendant leur élevage. Des vins rouges sont aussi parfois concernés par ces pratiques. La pratique traditionnelle consiste à fouetter les vins qui ont étés soutirés au moins une fois avec de fines baguettes de saule ou de coudrier (noisetier) afin de remettre vin et lies en contact. Selon les régions viticoles ce baguettage, appelé ailleurs bâtonnage, est effectué 3 à 4 fois par semaine pendant deux mois ou (seulement) 3 à 4 fois sur deux mois. Depuis peu des enzymes sont utilisés pour accélérer la dégradation des levures. On additionne le vin de béta-glucanases à la dose de 0,1 à 0,5 g/10 litres pour améliorer l'élevage des vins sur lies. L'emploi de cette enzyme est autorisé depuis un peu plus de 5 ans. L'ajout d'enzymes en élevage sur lies permet de conserver plus de fruité au vin. Cette pratique se développe de plus en plus dans les vins élevés sur lies. L'élevage sur lies est mené durant l'hiver, généralement jusqu'au début du mois de mars s'il y a eu baguettage, jusqu'en avril lorsqu'on s'est contenté du contact vin-lies, sans remuage. Le vin est alors soutiré et mis en bouteilles le mois suivant ou directement filtré et embouteillé. 22. VINS BLANCS DE GARDE - Lorsqu'on dispose de raisins de bonne maturité, de Chardonnay hâtifs dans des terroirs bien exposés, de pinots blancs ou gris (tokay), voire d'Auxerrois; - lorsque ses préférences en vins blancs vont plutôt vers des Bourgognes de la plaine de la Saône comme les Meursault, des vins pleins, chauds, sentant la crème et le pain grillé, par exemple; - lorsqu'on n'est pas amateur de vins trop fruités, légers; alors on peut envisager de produire un vin de garde. Il est plus difficile de réussir un bon vin de garde qu'un vin primeur ou sur lie. La qualité des raisins marque beaucoup plus ces vins qui risquent de présenter des déséquilibres gustatifs dans de nombreux cas. Ce n'est pas uniquement pour des questions de modes et de goût qu'on les produit uniquement dans les meilleurs terroirs. Ailleurs ils ne donnent rien de valable. Après ces multiples mises en garde, voyons les étapes de la fabrication des grands vins blancs. 1. Obtention du jus et du moût Les premières étapes de la vinification en blanc sont communes à tous les vins blancs. Une macération pelliculaire d'une journée est recommandée lorsque les raisins sont bien sains. Les tanins des rafles pourront dans ce cas diffuser dans le jus. Après pressurage le jus n'est pas sulfité pour permettre une fermentation malolactique ultérieure. Le débourbage se pratique comme décrit plus haut. 2. Correction du moût Pour les chiffres, voir le tableau ci-dessous. Le moût doit être plus riche en sucre (pour 12 %Vol), ou sera corrigé dans ce sens. L'acidité sera peu ou pas diminuée, la fermentation alcoolique sera suivie d'une fermentation bactérienne ou fermentation malolactique qui se chargera de diminuer l'acidité du vin. 3. Fermentation alcoolique Elle se déroule comme indiqué précédemment, mais à température un peu plus élevée, légèrement sous les 20°C. 4. FERMENTATION MALOLACTIQUE A la fin de la fermentation alcoolique le vin n'est soutiré que si la fermentation malolactique ne s'est pas déclenchée naturellement. Ce soutirage éventuel sera grossier, les fines lies renfermant des éléments nutritifs utiles aux bactéries. Le vin n'est PAS sulfité lors de ce soutirage! La température idéale pour le déroulement de la malolactique est de 18 à 25° C. En cave fraîche (13° C) la malo mettra des mois avant de se déclencher et durera des mois. Les vins blancs sont ramenés à une température plus élevée. Les vins dans lesquels une fermentation malolactique se déroule le plus facilement et intervient directement après la fermentation alcoolique sont des vins pauvres en alcool (8 à 10 degrés), peu acides (4 à 6 g/l) et dans lesquels il y a peu ou pas de sulfite. Le vin pour lequel on recherche une malolactique n'est pas ce milieu idéal. Il est acide et c'est justement cette acidité qu'on souhaite voir diminuer. Généralement il ne contient presque plus de sulfite après le premier soutirage : le sulfitage lors de la macération pelliculaire n'a porté que sur les baies, ensuite le moût a été aéré au pressurages. Lorsqu'on recherche une fermentation malolactique, il est conseillé de réaliser un levain de bactéries lactiques qui ont l'avantage d'inhiber les autres bactéries lactiques, celles des maladies comme pédioccocus damnosius, responsable de la graisse, et pédioccocus cerevisiae, qui attaque l'acide tartrique. - Ce peut être quelques litres d'un vin
qui est occupé à faire sa malo. (Certains viticulteurs bloquent par le froid une cuve en
pleine malo qui leur sert l'année suivante pour ensemencer le vin nouveau). Déroulement de la fermentation malolactique On reconnaît qu'un vin est en fermentation malolactique à : - de fines bulles qui montent à la
surface du vin alors qu'il est resté calme quelques jours et à une densité inférieure
à 1000. Le vin travaille à nouveau; il "pousse", des bulles se forment à
nouveau dans le barboteur suite à une nouvelle production de CO2 par les
bactéries. Le dégagement des bulles est plus ou moins rapide suivant la vivacité de la
malo. La fin de la fermentation malolactique se remarque d'abord à l'arrêt du bouillonnement dans le vin, le barboteur redevient calme ou n'expulse du gaz que très lentement. Le fait que l'acidité ne diminue plus et reste stable confirme l'épuisement de l'acide malique qui est (presque) totalement transformé en acide lactique. Dès que la malo est terminée il faut procéder au premier soutirage (le soutirage éventuellement effectué après la fermentation alcoolique n'est pas comptabilisé). Ce soutirage ne doit pas avoir lieu trop longtemps après l'arrêt final des fermentations. Avant que les bactéries ne cherchent à se développer dans les lies et ne créent des goûts et odeurs indésirables. Pour éliminer les dernières bactéries lactiques ainsi que les bactéries acétiques qui attendent leur tour pour envahir le vin, il faut sulfiter celui-ci en même temps qu'on procède au soutirage en utilisant 0,6 g de métabisulfite de potassium par 10 litres de vin ou 6 ml par 10 litres (6 ml par litre) de solution de SO2 à 5 %. Commence alors la période d'élevage de ce vin, en cave fraîche (13 à 15° C), après sulfitage. Après le soutirage de fin de malolactique, le premier soutirage après ses fermentations, le vin est conservé sur lies jusqu'à l'automne suivant. Le vin profite de cet élevage sur fines lies qui lui procurent gras, complexité et finesse. Ce n'est qu'après le passage des chaleurs de l'été qu'il est à nouveau soutiré. C'est alors qu'on peut envisager un passage de quelques mois en tonneau. Si ce n'est le cas, le vin est soutiré au cours de l'hiver. Le dernier soutirage, précédent la mise en bouteilles, est effectué au printemps de l'année. Il s'est écoulé alors plus d'un an et demi entre la mise en oeuvre du vin et son embouteillage. RESUME DES ETAPES D'UN VIN BLANC DE GARDE
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